Halima El Bakhti, accusée et mère d’Inass Touloub, arrive au palais de justice de Blois, le 2 novembre 2026 ( AFP / ALAIN JOCARD )
"J'ai été pris de panique", a confié mardi le témoin qui a découvert le corps "tuméfié" de la petite Inass Touloub, à l'été 1987 en bordure de l’autoroute A10, au deuxième jour du procès des parents devant la cour d'assises du Loir-et-Cher.
Employé saisonnier de l'exploitant Cofiroute, Frédéric Laujon, s'est souvenu avoir découvert le 11 août 1987 "une couverture bleue" de l'autre côté des glissières de sécurité, lors du fauchage des fossés.
Sous la couverture, il découvre alors ce qu'il comprend immédiatement être un enfant au "visage tuméfié" et "aux yeux fermés".
"On voyait qu'elle était décédée. J’ai été pris de panique", a raconté Frédéric Laujon, âgé de 21 ans au moment des faits et aujourd'hui enseignant. "Viens vite, c'est pas une poupée", a-t-il alors lancé à son collègue.
Après la découverte du corps, les gendarmes arrivent sur place en "une dizaine de minutes", selon les témoins.
"Je suis intervenu alors que j’étais tout jeune chef", s'est souvenu Francis Fourcroy, alors membre de la section de recherches d'Orléans.
Si les souvenirs sont "très lointains", "c'était la première fois que je découvrais un petit enfant si martyrisé", s'est-il remémoré.
Le corps de la fillette de 4 ans portait des traces de violences, dont des brûlures et des cicatrices, notamment liées à plusieurs morsures humaines.
"C'était traumatisant de voir un petit bébé comme ça, c'est la seule fois que j'ai vu un enfant dans cet état", a dit M. Fourcroy.
Au même moment, des photographies du corps de la fillette retrouvée dans le fossé sont projetées à l'audience.
Les accusés restent la tête baissée, sans réaction apparente.
La mère, Halima El Bakhti, âgée de 72 ans, est jugée devant la cour d'assises du Loir-et-Cher à Blois pour torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, au côté du père, Ahmed Touloub, 74 ans, qui comparaît pour complicité.
Interrogée par la présidente, Mme El Bakhti a confirmé, avec difficultés, avoir dit à l'époque: "c'est pas possible, ça peut pas être ma fille", sans commenter davantage aujourd'hui les photographies.
Sur sa situation actuelle, après avoir évoqué sa détention provisoire, elle a lâché : "c'est très dur", avant de fondre en larmes.
L'audience a alors été suspendue.
Les parents ont été identifiés et interpellés en 2018, plus de trente ans après les faits. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité dans l'un des plus anciens "cold cases" français élucidés grâce à l'ADN.

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